Après quelques deux années d'absence, je réactive (tranquillement, très tranquillement, dois-je le dire), cette petite vitrine baignant entre une prose incertaine et quelques opinions politiques peu recherchées.
Mon choix n'est assurément pas indifférent à la tolérance bien-pensante que cette activité permet et stimule au sein d'autres espaces - où on blogue donc on vit.
J'ai bien d'autre chose à faire que d'entretenir une masse d'ignares en manque de défoulement virtuel.
L'hécatombe est lancée.
Bienvenue aux inavertis.
9/04/2008
12/07/2006
Décrire le monde
À l’image des firmes (taxis) interagissant avec le marché (cosmos), les jeux interagissent avec le langage, et ce selon des règles prédéterminées, autant de volontés individuelles (thesis) capables de forger le sens à accorder aux mots en leur proposant divers usages, désignatifs (physique) ou significatifs (abstrait). Le nomos, enfin, incarne ici l’ensemble des règles régissant l’évolution des jeux de langage, délimitant les possibles par l’invocation de la raison. Chez Wittgenstein, l’homme raisonnable est celui qui est capable de distinguer comme « non raisonnable celui qui croit quelque chose en dépit du témoignage des sciences » . C’est celui qui ne doute pas de tout. L’homme raisonnable est nécessairement un homme d’action, un entrepreneur [!].
Nous retrouvons dans la pensée wittgensteinienne l’ensemble des éléments constitutifs du renouveau linguistique proposé par Hayek. Fait à noter, il semble bien que ces deux auteurs s’interprètent adéquatement l’un par l’autre. La grille d’analyse hayekienne permet, nous l’avons montré, d’expliquer comment les règles du jeu (nomos) donnent lieu à des mécanismes dominés par des volontés particulières (thesis), formant ensemble un ordre régulé, celui des jeux de langage (taxis). En permettant aux communautés de parvenir à des certitudes, par l’établissement de lieu communs rationnellement indubitables, ces jeux de langage forment graduellement ce que nous nommons le langage (cosmos), partagé par tous, indifférent aux finalités, et irrémédiablement indépendant de la volonté particulière. À l’inverse, le cadre wittgensteinien montre comment un auteur comme Hayek (joueur), en suggérant un appel à l’autorité [grecque] (certitude), se propose d’interagir avec la communauté scientifique par un travail définitionnel (jeu de langage) visant à mettre un terme aux abus de langage inhibant une approche complète des problèmes politiques. Il espère que, ce faisant, émergeront de nouvelles certitudes qui autoriseront l’élaboration de nouveaux jeux, plus complexes, et plus susceptibles de mener à un avancement des sciences vers une meilleure description du monde.
Nous retrouvons dans la pensée wittgensteinienne l’ensemble des éléments constitutifs du renouveau linguistique proposé par Hayek. Fait à noter, il semble bien que ces deux auteurs s’interprètent adéquatement l’un par l’autre. La grille d’analyse hayekienne permet, nous l’avons montré, d’expliquer comment les règles du jeu (nomos) donnent lieu à des mécanismes dominés par des volontés particulières (thesis), formant ensemble un ordre régulé, celui des jeux de langage (taxis). En permettant aux communautés de parvenir à des certitudes, par l’établissement de lieu communs rationnellement indubitables, ces jeux de langage forment graduellement ce que nous nommons le langage (cosmos), partagé par tous, indifférent aux finalités, et irrémédiablement indépendant de la volonté particulière. À l’inverse, le cadre wittgensteinien montre comment un auteur comme Hayek (joueur), en suggérant un appel à l’autorité [grecque] (certitude), se propose d’interagir avec la communauté scientifique par un travail définitionnel (jeu de langage) visant à mettre un terme aux abus de langage inhibant une approche complète des problèmes politiques. Il espère que, ce faisant, émergeront de nouvelles certitudes qui autoriseront l’élaboration de nouveaux jeux, plus complexes, et plus susceptibles de mener à un avancement des sciences vers une meilleure description du monde.
11/22/2006
Venir de loin.
Voilà, encore pris pour écrire sur l’écriture, faute d’avoir mieux à faire, mieux à dire, mieux à penser. Peut-être pense-je à ce point à l’acte d’écrire simplement parce que je n’ai, justement, rien à dire, mais nonobstant le besoin trivial, adolescent, puéril, d’exprimer quelque chose avec quelques uns de mes doigts (c’est-à-dire ceux que j’ai habitué aux lettres du clavier qwerty)…
Je n’en sais trop rien.
Il y a des singes, des bananes, une république et André Boisclair, si vous me suivez… C’est la démonstration inéluctable que tout est dans tout.
Ensuite, rien de plus viril qu’une épée lancée au loin à grands coups d’assommoir imprudent, quelques palabres lancés en l’air au pif, et paf, au vol de l’Environnement par des collègues de classe imprudents.
J’aurais dû vivre il a cent ans pour ne pas avoir à devenir le prisonnier de cette machine à me faire écrire, de cette interface néfaste pour ma santé littéraire, me permettant de prendre, de reprendre, de fausser la donne en vous réécrivant ad nauseam les mêmes inepties.
J’aurais dû vivre il y a cents ans pour ne pas pouvoir être inculte, analphabète, incapable de formuler quelque phrase sans la combler toute entière de vides incongrus, de formulations douteuses, suivant la logique la plus pure d’un esprit confus, irrationnel et inanimé.
Qu’est-ce-je?
Ils crient ensuite qu’ils auraient voulus être artistes alors qu’il ne le serons peut-être jamais, à quoi bon parler d’écrire quand on n’a rien à dire, à quoi bon parler de dire quand on a rien à écrire, je vice et verse, à quoi bon dire qu’on voudrait être quelque chose qu’on ne sera jamais.
Entretenir le rêve a quelque chose qui peut s’approximer, par l’axiome du choix, à de la schizophrénie. Pour en avoir côtoyé de nombreux, laissez-moi vous dire qu’il s’agit là d’une maladie fort désagréable, voire dangereuse pour le bien pensant banlieusard parvenu et nouveau riche.
En suis-je? En êtes-vous?
Schizophrène Schwartzenegger.
J’efface, recommence. J’écris des pages entières sur la mauvaise piste. Je reformule. J’erre. Je suis dans l’erreur, le tort, la non raison. J’aspire à l’absolu. Absolut, quand tu me saoûles.
J’oublie d’être moi, de prendre le temps de décider qu’il faut que je remplisse de contenu des pages blanches sans pour autant me réduire à simplement les remplir. J’envergure. Je syntonise le poste 4, radio moi-même, et j’écoute avidement voir s’il n’y aurait pas quelque chose à transcrire.
Silence radio.
Je suis mort d’avoir trop écrit, trop inscrit, trop publié. À force de ne rien dire dans des pages multiples, de brûler des arbres-internet par la force même de son arrogance, on finit par se faire lyncher comme le plus brutal des cow-boys de la modernité liquide.
Des cow-boys d'eau douce.
Solitaires.
Solidaires.
Québec.
Et merde!
Amen.
Je n’en sais trop rien.
Il y a des singes, des bananes, une république et André Boisclair, si vous me suivez… C’est la démonstration inéluctable que tout est dans tout.
Ensuite, rien de plus viril qu’une épée lancée au loin à grands coups d’assommoir imprudent, quelques palabres lancés en l’air au pif, et paf, au vol de l’Environnement par des collègues de classe imprudents.
J’aurais dû vivre il a cent ans pour ne pas avoir à devenir le prisonnier de cette machine à me faire écrire, de cette interface néfaste pour ma santé littéraire, me permettant de prendre, de reprendre, de fausser la donne en vous réécrivant ad nauseam les mêmes inepties.
J’aurais dû vivre il y a cents ans pour ne pas pouvoir être inculte, analphabète, incapable de formuler quelque phrase sans la combler toute entière de vides incongrus, de formulations douteuses, suivant la logique la plus pure d’un esprit confus, irrationnel et inanimé.
Qu’est-ce-je?
Ils crient ensuite qu’ils auraient voulus être artistes alors qu’il ne le serons peut-être jamais, à quoi bon parler d’écrire quand on n’a rien à dire, à quoi bon parler de dire quand on a rien à écrire, je vice et verse, à quoi bon dire qu’on voudrait être quelque chose qu’on ne sera jamais.
Entretenir le rêve a quelque chose qui peut s’approximer, par l’axiome du choix, à de la schizophrénie. Pour en avoir côtoyé de nombreux, laissez-moi vous dire qu’il s’agit là d’une maladie fort désagréable, voire dangereuse pour le bien pensant banlieusard parvenu et nouveau riche.
En suis-je? En êtes-vous?
Schizophrène Schwartzenegger.
J’efface, recommence. J’écris des pages entières sur la mauvaise piste. Je reformule. J’erre. Je suis dans l’erreur, le tort, la non raison. J’aspire à l’absolu. Absolut, quand tu me saoûles.
J’oublie d’être moi, de prendre le temps de décider qu’il faut que je remplisse de contenu des pages blanches sans pour autant me réduire à simplement les remplir. J’envergure. Je syntonise le poste 4, radio moi-même, et j’écoute avidement voir s’il n’y aurait pas quelque chose à transcrire.
Silence radio.
Je suis mort d’avoir trop écrit, trop inscrit, trop publié. À force de ne rien dire dans des pages multiples, de brûler des arbres-internet par la force même de son arrogance, on finit par se faire lyncher comme le plus brutal des cow-boys de la modernité liquide.
Des cow-boys d'eau douce.
Solitaires.
Solidaires.
Québec.
Et merde!
Amen.
11/14/2006
Eugénisme.
Un bouquin, ça devrait toujours commencer comme ça, un peu à l’aveuglette. Les aveugles seraient rois, dans ce monde fantastique, car ils échapperaient plus facilement à la dictature visuelle. Ils ne seraient, en fait, ni rois, ni princes, ni courtisans, ou entrepreneurs. Ils écouteraient davantage…
… et liraient du bout des doigts.
Toute une aventure.
Je m’appelle Eugène et parfois, lorsque je le répète suffisamment, je trouve ça affreusement laid. Essayez, pour voir, ça fonctionne avec pratiquement tous les mots. Labeur. Chômage. Incandescence. Bénitier. Pompadour. Sarcophage. C’est tout à fait non spécifique aux catégories et aux champs lexicaux. Personne à l’Académie n’a jamais osé poser sérieusement la question. Pourtant…
Il y a des jours, comme celui-ci, où je me demande vraiment où je m’en vais. En l’occurrence, ce livre s’adresse à tous les Perdus du monde, qu’ils le soient parce qu’ils appartiennent à une génération perdue, comme la mienne, ou simplement parce qu’ils n’en ont pas encore complètement marre de s’énerver sur les mêmes questions, incessamment. Parce que s’il y a bien quelque chose que vous devez savoir, c’est que ma perdition, elle, est spécifique. Elle tourne en rond, en quelque sorte. Mais pas vraiment. C’est plutôt un parcours, un cheminement polygonal qui, inévitablement, revient au point de départ. Cherchant la limite à l’infini, on fini par ne s’approcher de rien…
J’écris pour les insomniaques, les fous, les schizophrènes et les intellos. Et pour bien d’autres catégories, même que j’écris davantage pour ceux que je ne saurais nommer que pour ceux que je réussis à identifier.
J’ignore.
C’est mon premier postulat.
À vrai dire, je ne sais pas trop à quels ensembles de critères je puis m’associer d’emblée. Car pour cela, il faut préjuger. Et, selon ceux qui m’enseignèrent le savoir-vivre toute ma petite enfance durant, le préjugé est mal. Jugement moral un peu étrange. Un peu simpliste aussi. Le « pré jugement » n’est néanmoins pas un objet qu’on devrait bannir à tout prix. Les cigarettes non plus.
Parce qu’à force de ne plus préjuger, on finit par ne plus juger du tout. Si tout est permis, alors rien ne sert à rien et puis, on baigne soudainement en plein nihilisme. Par défaut.
Les relativistes sont tous des nihilistes déguisés : ils choisissent tout bonnement de sourire.
J’ai dit que je m’appelais Eugène. « What’s in a name? », disait l’autre. Elle était jolie. Mais j’ai horreur du mélodrame.
J’en ai contre la médiocrité quotidienne de ceux qui se font un point de s’enfoncer toujours davantage. Ai-je raison?
Cela dit, je crois que je suis officiellement un produit de la post-modernité. Il faudrait voir avec un historien de l’art. Et avec un médecin biologiste, aussi, pour ce qui est de la question du produit. Il y en a aussi pour parler de modernité « liquide ». Ouh!
Bref, tous les matins, je me lève, je mange, je fume, je bosse et je baise dans la post-modernité. Je ne sais pas trop si l’ordre a une importance. Je vous laisse le soin de le déterminer.
Avouez quand même que c’est étrange. Après avoir vécu toutes ces années, qu’on me dise que je fais tout ça dans la même ère que celle qui m’a vu naître. J’avoue franchement qu’à mes yeux, bien des choses ont changé. On oublie parfois que passer du biberon à la paille ne soulève pas les montagnes.
Arrêtons de segmenter, donc, et venons-en au vif du sujet. Si j’ai commencé, ce n’est certes pas pour vous faire entendre ad nauseam mes pensées les plus disparates sur des sujets sans importance. Si je m’appelle Eugène c’est qu’un jour, dans la post-modernité débutante (il faut bien situer ce courant – qui perdure depuis des décennies et que je lie par pur plaisir à l’évolution du corps et de l’esprit humain – dans une certaine forme de chronologisme, sans quoi il perd énormément de sa qualité en tant que marqueur historique ponctuel), deux êtres se sont donné la peine – ou le plaisir – de concevoir que je puisse exister. Ils m’ont conçu, aussi, mais c’est tout à fait dénué d’intérêt.
J’emmerde les freudistes et les jungiens…
Passons.
Ce livre se veut un recueil de pensées, mais dont l’évolution doit arborer un semblant de linéarité. On me confie que le lecteur – la lectrice – préfère le cousu au décousu, le fignolé au défignolé, et la structure au chaos. C’est pourquoi, eux aussi, se lèvent, mangent, fument, bossent et baisent. La plupart d’entre-vous, certainement, a trouvé un ordre à cette petite liste. Je m’en fous.
La quête du n’importe quoi n’est donc pas chose facile à entamer. C’est qu’il appert, je l’ai déjà mentionné, qu’indépendamment de la liberté d’expression, du franc parler et du relativisme doux, il faut avoir une direction. Un sens. Un motif valable pour continuer d’évoluer. Pour continuer d’écrire, surtout. Et la post-modernité vieillissante, si elle nous offre tout un amalgame d’options parmi lesquelles choisir, nous donne, justement, tout un amalgame d’options parmi lesquelles choisir. Cela oblige au choix. Et le choix, on ne le dira jamais assez, est le propre de cette ère qui se révolutionne elle-même.
Je frise le sophisme. Mais pas encore assez.
Comment devient-on, ou reste-t-on perdu, alors? Quand la forêt de l’existence vous offre partout des portes de sortie vers des prés toujours plus verts, quand la marée ascendante se propose de vous porter toujours vers de nouveaux rivages, plus élevés, plus blancs, comment se perd-t-on? On se lève, on mange, on fume… Il ne faut donc pas être bien pour se perdre.
Étranges prédispositions. À ne pas préjuger.
Pas très bien, c’est le propre des matins. Il n’y a pas que moi pour vous le dire. Eugène se perd surtout le matin. Vous imaginez, quand on se perd dès le début, ce que la suite nous réserve…
J’étais voué, on dirait, à m’égarer. Un nom de famille avec trois « i », vous connaissez? Eugène C. C’est un peu italien. C’est un nom inventé, vous l’aurez deviné. Beaucoup de noms sont inventés. Les circonstances varient, toutefois. Je me lève, parfois… Je suis assis devant un bureau plein de paperasse, un ordinateur plein de webmestres, un téléviseur plein d’images en mouvement. Les ondes me traversent, partout. Je tends l’oreille, sortant de ma torpeur. C’est inhabituel, j’ai oublié de mettre de la musique. C’est donc vrai. Elles varient…
Sur la mélodie, il arrive à chacun de se laisser aller, en symbiose avec les accords et le rythme. Les paroles, l’ensemble, l’esprit, l’énergie. La cacophonie aussi. On se met à chanter, invariablement. En public ou pas, il faut que ça sorte. La métamorphose s’effectue automatiquement. C’est une forme de régression, je crois. Je chante et je siffle, parfois, dans les moments les plus importuns. Loin d’être le fruit de ma volonté consciente – ou du moins, je suis consciemment subjugué par une nécessité d’agir relevant de mon subconscient (ou, pour ne pas référer aussi directement à la psycho-pop, d’une certaine partie inconsciente de mon être) – cela s’est transformé en automatisme. Belle chose que la socialisation, quand elle évite de discuter mélodie. Et vous, êtes-vous mélodiaque?
On s’invente toujours à chanter. En fait, l’art, lorsqu’il n’est pas occupé à se préserver, à se reproduire, à se conserver, à se montrer, à démontrer, à impressionner, à s’augmenter, à s’enrichir ou à se faire analyser, est aussi, en quelque sorte, un acte qui s’invente. Ce qui est drôle – ou moins drôle, effectivement – c’est que l’art semble figé. Si c’est bien son propre que de figer des airs, des images et des impressions dans le temps, il faudrait qu’en dehors de ceux-ci il évolue.
On dirait que les médiums de la création ont tous été « découverts », au fil du temps. Sans prétendre qu’il faille postuler un éternel recommencement – contrairement aux prétentions de la liquide modernité – je note simplement qu’après le cinéma, dans toute sa virtuosité, plus rien n’est venu nous surprendre. Plus rien. Il est temps de changer d’ère, peut-être. Mais dites-moi, quand on vit dans l’après-modernité depuis déjà trente ans, que peut-on espérer de la suite des choses?
Enfin. Il vaut mieux passer aux choses sérieuses, avant qu’il ne soit trop tard.
Trop tard, c’est un peu un leitmotiv pour moi. En fait, en l’affirmant, je réalise que nous y sommes presque. C’est-à-dire avant que vous ne cessiez de lire…
… et liraient du bout des doigts.
Toute une aventure.
Je m’appelle Eugène et parfois, lorsque je le répète suffisamment, je trouve ça affreusement laid. Essayez, pour voir, ça fonctionne avec pratiquement tous les mots. Labeur. Chômage. Incandescence. Bénitier. Pompadour. Sarcophage. C’est tout à fait non spécifique aux catégories et aux champs lexicaux. Personne à l’Académie n’a jamais osé poser sérieusement la question. Pourtant…
Il y a des jours, comme celui-ci, où je me demande vraiment où je m’en vais. En l’occurrence, ce livre s’adresse à tous les Perdus du monde, qu’ils le soient parce qu’ils appartiennent à une génération perdue, comme la mienne, ou simplement parce qu’ils n’en ont pas encore complètement marre de s’énerver sur les mêmes questions, incessamment. Parce que s’il y a bien quelque chose que vous devez savoir, c’est que ma perdition, elle, est spécifique. Elle tourne en rond, en quelque sorte. Mais pas vraiment. C’est plutôt un parcours, un cheminement polygonal qui, inévitablement, revient au point de départ. Cherchant la limite à l’infini, on fini par ne s’approcher de rien…
J’écris pour les insomniaques, les fous, les schizophrènes et les intellos. Et pour bien d’autres catégories, même que j’écris davantage pour ceux que je ne saurais nommer que pour ceux que je réussis à identifier.
J’ignore.
C’est mon premier postulat.
À vrai dire, je ne sais pas trop à quels ensembles de critères je puis m’associer d’emblée. Car pour cela, il faut préjuger. Et, selon ceux qui m’enseignèrent le savoir-vivre toute ma petite enfance durant, le préjugé est mal. Jugement moral un peu étrange. Un peu simpliste aussi. Le « pré jugement » n’est néanmoins pas un objet qu’on devrait bannir à tout prix. Les cigarettes non plus.
Parce qu’à force de ne plus préjuger, on finit par ne plus juger du tout. Si tout est permis, alors rien ne sert à rien et puis, on baigne soudainement en plein nihilisme. Par défaut.
Les relativistes sont tous des nihilistes déguisés : ils choisissent tout bonnement de sourire.
J’ai dit que je m’appelais Eugène. « What’s in a name? », disait l’autre. Elle était jolie. Mais j’ai horreur du mélodrame.
J’en ai contre la médiocrité quotidienne de ceux qui se font un point de s’enfoncer toujours davantage. Ai-je raison?
Cela dit, je crois que je suis officiellement un produit de la post-modernité. Il faudrait voir avec un historien de l’art. Et avec un médecin biologiste, aussi, pour ce qui est de la question du produit. Il y en a aussi pour parler de modernité « liquide ». Ouh!
Bref, tous les matins, je me lève, je mange, je fume, je bosse et je baise dans la post-modernité. Je ne sais pas trop si l’ordre a une importance. Je vous laisse le soin de le déterminer.
Avouez quand même que c’est étrange. Après avoir vécu toutes ces années, qu’on me dise que je fais tout ça dans la même ère que celle qui m’a vu naître. J’avoue franchement qu’à mes yeux, bien des choses ont changé. On oublie parfois que passer du biberon à la paille ne soulève pas les montagnes.
Arrêtons de segmenter, donc, et venons-en au vif du sujet. Si j’ai commencé, ce n’est certes pas pour vous faire entendre ad nauseam mes pensées les plus disparates sur des sujets sans importance. Si je m’appelle Eugène c’est qu’un jour, dans la post-modernité débutante (il faut bien situer ce courant – qui perdure depuis des décennies et que je lie par pur plaisir à l’évolution du corps et de l’esprit humain – dans une certaine forme de chronologisme, sans quoi il perd énormément de sa qualité en tant que marqueur historique ponctuel), deux êtres se sont donné la peine – ou le plaisir – de concevoir que je puisse exister. Ils m’ont conçu, aussi, mais c’est tout à fait dénué d’intérêt.
J’emmerde les freudistes et les jungiens…
Passons.
Ce livre se veut un recueil de pensées, mais dont l’évolution doit arborer un semblant de linéarité. On me confie que le lecteur – la lectrice – préfère le cousu au décousu, le fignolé au défignolé, et la structure au chaos. C’est pourquoi, eux aussi, se lèvent, mangent, fument, bossent et baisent. La plupart d’entre-vous, certainement, a trouvé un ordre à cette petite liste. Je m’en fous.
La quête du n’importe quoi n’est donc pas chose facile à entamer. C’est qu’il appert, je l’ai déjà mentionné, qu’indépendamment de la liberté d’expression, du franc parler et du relativisme doux, il faut avoir une direction. Un sens. Un motif valable pour continuer d’évoluer. Pour continuer d’écrire, surtout. Et la post-modernité vieillissante, si elle nous offre tout un amalgame d’options parmi lesquelles choisir, nous donne, justement, tout un amalgame d’options parmi lesquelles choisir. Cela oblige au choix. Et le choix, on ne le dira jamais assez, est le propre de cette ère qui se révolutionne elle-même.
Je frise le sophisme. Mais pas encore assez.
Comment devient-on, ou reste-t-on perdu, alors? Quand la forêt de l’existence vous offre partout des portes de sortie vers des prés toujours plus verts, quand la marée ascendante se propose de vous porter toujours vers de nouveaux rivages, plus élevés, plus blancs, comment se perd-t-on? On se lève, on mange, on fume… Il ne faut donc pas être bien pour se perdre.
Étranges prédispositions. À ne pas préjuger.
Pas très bien, c’est le propre des matins. Il n’y a pas que moi pour vous le dire. Eugène se perd surtout le matin. Vous imaginez, quand on se perd dès le début, ce que la suite nous réserve…
J’étais voué, on dirait, à m’égarer. Un nom de famille avec trois « i », vous connaissez? Eugène C. C’est un peu italien. C’est un nom inventé, vous l’aurez deviné. Beaucoup de noms sont inventés. Les circonstances varient, toutefois. Je me lève, parfois… Je suis assis devant un bureau plein de paperasse, un ordinateur plein de webmestres, un téléviseur plein d’images en mouvement. Les ondes me traversent, partout. Je tends l’oreille, sortant de ma torpeur. C’est inhabituel, j’ai oublié de mettre de la musique. C’est donc vrai. Elles varient…
Sur la mélodie, il arrive à chacun de se laisser aller, en symbiose avec les accords et le rythme. Les paroles, l’ensemble, l’esprit, l’énergie. La cacophonie aussi. On se met à chanter, invariablement. En public ou pas, il faut que ça sorte. La métamorphose s’effectue automatiquement. C’est une forme de régression, je crois. Je chante et je siffle, parfois, dans les moments les plus importuns. Loin d’être le fruit de ma volonté consciente – ou du moins, je suis consciemment subjugué par une nécessité d’agir relevant de mon subconscient (ou, pour ne pas référer aussi directement à la psycho-pop, d’une certaine partie inconsciente de mon être) – cela s’est transformé en automatisme. Belle chose que la socialisation, quand elle évite de discuter mélodie. Et vous, êtes-vous mélodiaque?
On s’invente toujours à chanter. En fait, l’art, lorsqu’il n’est pas occupé à se préserver, à se reproduire, à se conserver, à se montrer, à démontrer, à impressionner, à s’augmenter, à s’enrichir ou à se faire analyser, est aussi, en quelque sorte, un acte qui s’invente. Ce qui est drôle – ou moins drôle, effectivement – c’est que l’art semble figé. Si c’est bien son propre que de figer des airs, des images et des impressions dans le temps, il faudrait qu’en dehors de ceux-ci il évolue.
On dirait que les médiums de la création ont tous été « découverts », au fil du temps. Sans prétendre qu’il faille postuler un éternel recommencement – contrairement aux prétentions de la liquide modernité – je note simplement qu’après le cinéma, dans toute sa virtuosité, plus rien n’est venu nous surprendre. Plus rien. Il est temps de changer d’ère, peut-être. Mais dites-moi, quand on vit dans l’après-modernité depuis déjà trente ans, que peut-on espérer de la suite des choses?
Enfin. Il vaut mieux passer aux choses sérieuses, avant qu’il ne soit trop tard.
Trop tard, c’est un peu un leitmotiv pour moi. En fait, en l’affirmant, je réalise que nous y sommes presque. C’est-à-dire avant que vous ne cessiez de lire…
11/13/2006
Quand l'automne détaumne.
Long mois passé à méditer sur les joies et les peines de la modernité. Un mois passé – je ne sais trop – à m'enrichir peut-être, à m'enfouir sous les dettes ensuite.
Pénible mois, pénible pays, où il pleut souvent, tout le temps. En octobre, en novembre, on parle de fatigue culturelle.
Ce n'est pas une coïncidence.
Sur la recommandation de mon médecin, puis-je plaider la folie volontaire, passagère? Je m'enferme dans un paradigme, celui d'un improbable prochain épisode.
Les papiers coulent, évanescents, j'ai un trou en la mémoire, triste funambule sous la neige noire.
Il faut briller pourtant. À la somnule j'oppose le tic-tac des aiguillons d'une louange entrelacée de blocs, erratiques êtres inconscients qui dessinent l'antiphonaire sous son meilleur point de fuite, j'écoute, je tombe, je dors et dors encore. Où sont passés ces années d'inconscience?
Prends-tu le maquis, toi aussi, pour décrier les injustices qu'un gouvernement-gâteau te fait subir? Petit étudiant gavé comme une oie, attends-tu Noël pour te foutre toi-même au fourneau? Mourras-tu au métro, retarderas-tu tes amis et confrères pressés comme toi d'en finir avec ce travail, d'en finir avec ce cours, d'en finir avec cette journée, pour enfin en finir avec la fin des jours?
Longue course vers la mort: Petit Poucet, réglé par sa propre finitude étend des pierres derrière lui, à la recherche de Cendrillon en plein crise ontologique, face à Gédéon sur un arbre perché qui ne tint aucun langage sinon celui du mensonage d'un personge inhabitué, inhabituel, indifférencié et indifférenciant. Différentiel-lement vôtre.
Corises pour épanouir l'absinthe abyssale, j'outrepasse le souffre-douleur de l'harnacheur de dents du vilipendage, j'aqueuse, et Zolize, tend l'oreille, je chasse et perd ma froie de proideur, j'avalise, j'occase, discute. Apparences trompères et mensongeuses.
Cela fera un ivre, suivre – lirai-je, liras-tu?
Qui lis ceci, ceci en ce moment?
Dans quel lit lis-tu, petit pli de lys sur lie que je lie en L et en I salis d'alibis avachis sur Émilie.
Lapsusse-je?
liuje?
J'autorise, et me complais. Que les mois passent, alors. Et que les mots fassent de même.
Puisque je n'écris, semble-t-il, pour personne.
Ce n'est pas une coïncidence.
Sur la recommandation de mon médecin, puis-je plaider la folie volontaire, passagère? Je m'enferme dans un paradigme, celui d'un improbable prochain épisode.
Les papiers coulent, évanescents, j'ai un trou en la mémoire, triste funambule sous la neige noire.
Il faut briller pourtant. À la somnule j'oppose le tic-tac des aiguillons d'une louange entrelacée de blocs, erratiques êtres inconscients qui dessinent l'antiphonaire sous son meilleur point de fuite, j'écoute, je tombe, je dors et dors encore. Où sont passés ces années d'inconscience?
Prends-tu le maquis, toi aussi, pour décrier les injustices qu'un gouvernement-gâteau te fait subir? Petit étudiant gavé comme une oie, attends-tu Noël pour te foutre toi-même au fourneau? Mourras-tu au métro, retarderas-tu tes amis et confrères pressés comme toi d'en finir avec ce travail, d'en finir avec ce cours, d'en finir avec cette journée, pour enfin en finir avec la fin des jours?Longue course vers la mort: Petit Poucet, réglé par sa propre finitude étend des pierres derrière lui, à la recherche de Cendrillon en plein crise ontologique, face à Gédéon sur un arbre perché qui ne tint aucun langage sinon celui du mensonage d'un personge inhabitué, inhabituel, indifférencié et indifférenciant. Différentiel-lement vôtre.
Corises pour épanouir l'absinthe abyssale, j'outrepasse le souffre-douleur de l'harnacheur de dents du vilipendage, j'aqueuse, et Zolize, tend l'oreille, je chasse et perd ma froie de proideur, j'avalise, j'occase, discute. Apparences trompères et mensongeuses.
Cela fera un ivre, suivre – lirai-je, liras-tu?
Qui lis ceci, ceci en ce moment?
Dans quel lit lis-tu, petit pli de lys sur lie que je lie en L et en I salis d'alibis avachis sur Émilie.
Lapsusse-je?
liuje?
J'autorise, et me complais. Que les mois passent, alors. Et que les mots fassent de même.
Puisque je n'écris, semble-t-il, pour personne.
10/04/2006
Le Costa-Gavras de Laval
Ça y est, j'ai trouvé.
En cherchant dans ma mémoire à fleur de peau, conséquence irrémédiable d'une surexposition à la nouvelle sur elle-même, un repli de l'infinie même chose sur un rien du tout, j'ai trouvé.
Je verbatimisais tout bonnement mon cinquante douzième texte sur cette histoire de viaduc quand la lumière m'est apparue bien claire - comme un interrupteur nouvellement changé - enrobée d'un contour blanc éclatant, vissé bien comme il le faut sans sa boîte métallique.
"Ding!" disait Thomas Eddison, après chaque nouvelle invention. La postérité a d'ailleurs démontré que ce n'était pas lui le véritable inventaire; il n'était que le gestionnaire d'une meute de nains-loups assoiffés de connaissances économiquement exploitables.
J'en fis de même.
La conspiration est trop belle.
Trop belle pour que je m'abstienne de vous l'étaler au grand jour. Tremblez mes chers amis! J'ai la patience infuse!
Voilà. D'un côté, vous avez des banlieusards... lemmings moderne de l'emploi pauvrement rémunérés, qui s'entassent dans des boîtes à sardines pour faire un parcours inutilement long vers un endroit leur permettant de rémunérer celui qui leur vend ladite boîte à sardines.
Lemmings, donc, assidus dans leur innocence. "C'est bin bin l'fun l'autobus". La madame était bien contente...
Surtout quand c'est gratuit.
De l'autre, Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre tombé en désuétude et en disgrâce pour cause de pratique du droit et nuisance à mon parti...
Ami de Jean Charest depuis son changement de camp, il n'a plus d'emploi (sinon celui d'avocat) depuis 2001. L'assistance-emploi (le Bé Ess) est malheureusement insuffisant pour supporter à la fois son chauffeur et son jardinier...
Bref, il investi dans la Société de transport de Laval. Il achète des actions, des actions, encore des actions. Lentement mais sûrement, il se crée un portefeuille d'actions d'une seule compagnie. Dans la même lignée, il vends ce qu'il avait dans Corival (défunte entreprise de Mr. Rizzuto, qu'il avait, comme moi, acheté par politesse une fois qu'il faisait du porte-à-porte avec son cousin Vito, dit "the killer")...
C'est d'ailleurs Corival qui avait fabriqué ledit viaduc...
Ensuite, il prend ma scie. Un bon soir (un vendredi, ou tous ses amis, dont André B., sont partis virer au Buona Notte), alors que personne ne regarde, il se loue un Dodge Caravan 1999 (question de passer inaperçu à Laval). Il se "parque" sur le bord de la 19 et entame le viaduc. Centimètre par centimètre.
Generation après génération. Nous deviendrons des leaders.
Sweet revenge.
Cinq morts. Pas beaucoup pour sauver un peuple de sa torpeur maniaco-dépendante envers l'automobile. C'est triste, dommage, inconvénient... inadmissible, inexplicable. Ah, Joyce Napier, Anne-Louise Despatie, Julie Miville-Dechêne, quand vous nous tenez.
Mais avouez. Tout cet air devenant respirable, tous ces hectokilolitres de pétrole qui ne sont pas brûlés parce qu'ils trouvent le stationnement quotidien désormais trop grand pour en valoir la peine.
Pierre-Marc Johnson, avec un gros job, Pierre Choquette avec son parapluie, pierre qui roule, n'amasse pas la main morte avant de l'avoir tuée. Surtout quand la main morte coupe la pierre qui tue les automobilistes et empêche tout le monde de tourner en rond.
Et la madame... la madame©. toujours contente la madame...
En cherchant dans ma mémoire à fleur de peau, conséquence irrémédiable d'une surexposition à la nouvelle sur elle-même, un repli de l'infinie même chose sur un rien du tout, j'ai trouvé.
Je verbatimisais tout bonnement mon cinquante douzième texte sur cette histoire de viaduc quand la lumière m'est apparue bien claire - comme un interrupteur nouvellement changé - enrobée d'un contour blanc éclatant, vissé bien comme il le faut sans sa boîte métallique.
"Ding!" disait Thomas Eddison, après chaque nouvelle invention. La postérité a d'ailleurs démontré que ce n'était pas lui le véritable inventaire; il n'était que le gestionnaire d'une meute de nains-loups assoiffés de connaissances économiquement exploitables.J'en fis de même.
* * *
La conspiration est trop belle.
Trop belle pour que je m'abstienne de vous l'étaler au grand jour. Tremblez mes chers amis! J'ai la patience infuse!
Voilà. D'un côté, vous avez des banlieusards... lemmings moderne de l'emploi pauvrement rémunérés, qui s'entassent dans des boîtes à sardines pour faire un parcours inutilement long vers un endroit leur permettant de rémunérer celui qui leur vend ladite boîte à sardines.
Lemmings, donc, assidus dans leur innocence. "C'est bin bin l'fun l'autobus". La madame était bien contente...
Surtout quand c'est gratuit.
De l'autre, Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre tombé en désuétude et en disgrâce pour cause de pratique du droit et nuisance à mon parti...
Ami de Jean Charest depuis son changement de camp, il n'a plus d'emploi (sinon celui d'avocat) depuis 2001. L'assistance-emploi (le Bé Ess) est malheureusement insuffisant pour supporter à la fois son chauffeur et son jardinier...
Bref, il investi dans la Société de transport de Laval. Il achète des actions, des actions, encore des actions. Lentement mais sûrement, il se crée un portefeuille d'actions d'une seule compagnie. Dans la même lignée, il vends ce qu'il avait dans Corival (défunte entreprise de Mr. Rizzuto, qu'il avait, comme moi, acheté par politesse une fois qu'il faisait du porte-à-porte avec son cousin Vito, dit "the killer")...
C'est d'ailleurs Corival qui avait fabriqué ledit viaduc...
Ensuite, il prend ma scie. Un bon soir (un vendredi, ou tous ses amis, dont André B., sont partis virer au Buona Notte), alors que personne ne regarde, il se loue un Dodge Caravan 1999 (question de passer inaperçu à Laval). Il se "parque" sur le bord de la 19 et entame le viaduc. Centimètre par centimètre.Generation après génération. Nous deviendrons des leaders.
Sweet revenge.
* * *
Cinq morts. Pas beaucoup pour sauver un peuple de sa torpeur maniaco-dépendante envers l'automobile. C'est triste, dommage, inconvénient... inadmissible, inexplicable. Ah, Joyce Napier, Anne-Louise Despatie, Julie Miville-Dechêne, quand vous nous tenez.
Mais avouez. Tout cet air devenant respirable, tous ces hectokilolitres de pétrole qui ne sont pas brûlés parce qu'ils trouvent le stationnement quotidien désormais trop grand pour en valoir la peine.
Pierre-Marc Johnson, avec un gros job, Pierre Choquette avec son parapluie, pierre qui roule, n'amasse pas la main morte avant de l'avoir tuée. Surtout quand la main morte coupe la pierre qui tue les automobilistes et empêche tout le monde de tourner en rond.
"Si je faisais du terrorisme, je scierais des ponts".
- Stephen Guilbaut, dans un rêve en 2011...
Et la madame... la madame©. toujours contente la madame...
9/27/2006
Chroniques de l'espace et du temps
Tout est bien. Les cheveux lichés, la cravate bien mise. J'ai même enlevé les poils sur mon veston. Je suis un superstar sur son 34.C'est indéniable.
La nature nous dote ainsi que, dans mon cas, les déplacements sont sévères. Je côtoie le peuple, le petit et le grand, une bonne heure et demi par jour. Ailleurs, on doit monter sur le toît. Ici, confortablement posé, je prends deux sièges. C'est un priviligège que je m'arroge. La seconde place est pour mon égo.
Stiglitz n'arrête plus. Il assassine tour à tour tout le monde. Les States, l'Europe, le Japon. Même le gentil Stephen Harper y passe. Il restera peut être seul dans la clique sélecte du jet-set-club-sauvant-le-monde. On pourrait faire un grand Porto Allegre [quoique cette année c'est en Inde], mais le déménager à Davos. Je suis pas certain que les bistros suisses apprécieront tout ce remue-ménage [on pourrait dire méninges mais vu que c'est surtout des gogauches sans rigueur, on s'en tiendra à ménage]
Gageons d'ailleurs qu'il y aura des poubelles (vertes, bleues, rouges, noires) un peu partout...
Ceci dit, ça serait une excellente occasion de cramer quelque chose dans le crâne de Laure Waridel qui, au lieu de se promener partout, de se mériter plein de prix et d'écrire des livres insipides comme "acheter, c'est voter" devrait peut-être ouvrir un bon livre d'économie de l'environnement. Cramer est donc le mot approprié (CQFD faible).
J'oserais pas dire - ah tiens, osons - pour ne pas rappeller un certain Sylvain Lajoie [à ne pas confondre avec l'illustre mathématicien Guillaume Lajoie, 1982- ] que je vous promet une "destruction" en bonne et due forme de ladite Waridel.
Patience, patience...
J'arrive donc à mon très important meeting. Je rentre ma cravate sous ma ceinture, question d'avoir l'air prêt. Je marche lentement, pour que mes pantalons tombent bien sur mes souliers électriques.
Je me remémore les quelques trucs que j'ai lu en m'en venant question d'avoir l'air à l'affût du monde, de ce qu'y s'y passe.
Des fois il faut jouer dans la cour des grands le jeu des grands. Maître Paquette appelle cela des rites de passage. Parce que c'est vrai qu'une fois rendu dans ce fameux monde des grands, on réalise que rien n'est très spectaculaire. Sur le passage, donc, j'adhère.
Le jeu est un élément frictionnel.
Comme un volcan, entre deux plaques techtoniques.
Je rentre aux toilettes. Cheveux biens lichés. Je passe acheter de la gomme.
Toilettes encore. Les cheveux sont bien, lichés. La ceinture, la cravate.
J'y vais.
Dans le corridor je croise un professeur.
Il ne sait pas. Il y a tellement de cocktails de ces temps-ci. Horaire booké, pas le temps pour les courriels. Je sais qu'il joue au jeu du monsieur occupé, car les profs doivent se garder au moins ça en dernier recours. Enfin, il ne sait pas de quoi je lui parle.
Moi non plus je ne sais plus.
Je marche. À reculons. Je fais le tour. Partout. Je ne savais pas où c'était. Mais là où ç'aurait été, où ce devrait être, il n'y a rien. En fait, tout est vide. Il est 18h, et à 18h tout le monde est parti quand il n'y a pas de cocktail pour les retenir.
Il n'y a pas de cocktail. Il n'y a personne. Pas de cocktail. C'était quand le cocktail? À 18h, le cocktail. 3e étage. Il n'y a personne. Le professeur pas au courant. Personne. Cocktail. 18h. Prof. 18h. Cocktail. Ah oui. Hum.
Le 4 octobre, c'est quand au juste?
9/26/2006
De quelle couleur est votre parachute?

Je marche sous le ciel d’automne.
Sur la terre d’été, qui n’a pas fini de refroidir.
Par-ci par-là, ça traîne un peu partout. Papiers, bouteilles, mégots.
« Scuze, t’aurè pas vintssintsenne? »
Il traîne, lui aussi, un peu partout.
« Euh, oui, c’est-à-dire… non. Prenez-vous Interac? »
J’ai une bouteille d’Orangina dans la main. Je la lui tend. Elle est vide.
Orangina, ah quelle passion de boire. 12% de jus, 2% de pulpe.
J’ai ma petite idée sur la différence.
La bouteille est en vitre.
« Si je te donne un quart de dollar, tu lui trouves un bac? »
…pas de vision collective du recyclage.
Chacun entretient sa petite poubelle colorée.
Recycler, c’est comme faire du bricolage.
Retour massif à la maternelle pour se l’inculquer…
On pourrait peut-être recycler les hommes aussi.
Ça se fait déjà, de toute façon.
Ça s’appelle la thermodynamique.
9/25/2006
Le recours au futile
M'enfin, il me fallait bien un quelque part où disséminer à mon tour, dans toute la quiétude que vous me déroberez avec plaisir ma propriété intellectuelle, quelques bribes de mon moi en devenir.
Stiglitz (Nobel Économie, 2001), nous rappelle quelques évidences :
- "It is not unfair to be poor and have low wages; it is unfortunate"
- "the world is not flat" (en réponse à T.L. Friedman et non à la défense d'un certain Galilée, qui est mort de toute façon)
- "even if Korean farmers became the most efficient rice producers in the World, their incomes would still be limited"
Tout cela n'est pas sans lien avec un certain septembre, qu'un certain B. pourrait, dans toute sa maladresse, qualifier de Septembre Rouge. Attendons encore un peu, il saisira assurément sa chance.
Pour alléger un peu l'atmosphère après des remarques d'une telle austérité, permettez-moi de vous suggérer un webzine (peut-être bientôt paperzine, qui sait?!) dont le site fonctionne assez souvent, p45.ca ...
Je découvre d'ailleurs sans une certaine allégresse que ma comparse Catherine (petitecatherine/blogspot.com) en est une... collaboratrice!
Enfin, c'est en septembre que Nietzsche écrivit à son ami Overbeck: Sum in puncto desperationis. Dolor vincit vitam voluntatemque.
Je n'aurais osé en dire autant.
Stiglitz (Nobel Économie, 2001), nous rappelle quelques évidences :
- "It is not unfair to be poor and have low wages; it is unfortunate"
- "the world is not flat" (en réponse à T.L. Friedman et non à la défense d'un certain Galilée, qui est mort de toute façon)
- "even if Korean farmers became the most efficient rice producers in the World, their incomes would still be limited"
Tout cela n'est pas sans lien avec un certain septembre, qu'un certain B. pourrait, dans toute sa maladresse, qualifier de Septembre Rouge. Attendons encore un peu, il saisira assurément sa chance.
Pour alléger un peu l'atmosphère après des remarques d'une telle austérité, permettez-moi de vous suggérer un webzine (peut-être bientôt paperzine, qui sait?!) dont le site fonctionne assez souvent, p45.ca ...
Je découvre d'ailleurs sans une certaine allégresse que ma comparse Catherine (petitecatherine/blogspot.com) en est une... collaboratrice!
Enfin, c'est en septembre que Nietzsche écrivit à son ami Overbeck: Sum in puncto desperationis. Dolor vincit vitam voluntatemque.
Je n'aurais osé en dire autant.
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